27.10.2007
harry potterT 7

Et c’est reparti !
Vendredi en sortant de mon stage je cours sous la pluie chez Sauramps. Il est là en piles, on l’attend depuis deux ans. Je l’achète et le fais emballer. En rentrant à la maison ma fille le déballe, elle court se mettre en pyjama, nous montons dans ma chambre et nous commençons notre rituel nous arrangeons les oreillers, le bichon se couche à nos pieds, Diego, le chat se love contre moi, ma fille trouve une place, pose sa tête sur ma poitrine. Elle a rempli une petite bouteille d’eau pour ménager ma voix. J’ouvre le livre, je lis la dédicace en forme d’éclair, comme la cicatrice d’Harry, je lis l’exergue et nous nous enfouissons dans l’histoire, les chapitres défilent. Nous sommes heureuses de retrouver ces personnages que nous aimons, de partager ce bonheur d’être là, toutes les deux, au chaud sous la flanelle.
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25.10.2007
sculpture
Je rêve que je sculpte, je sens les à-coups des ciseaux et du maillet résonner dans mes mains, des copeaux se décrochent, sautent. Je me souviens que je sculptais un visage, mon réveil a sonné alors que je finissais les petites mèches sur la nuque. Je ressentais un grand bonheur à réaliser cette sculpture, bonheur de l’esprit et du corps. Je crois que le visage était en bois mais que j’allais passer à la pierre.
En sortant de mon lieu de stage cet après midi place de la Comédie je tombe sur un sculpteur sur pierre parmi les exposants je suis restée un long moment à regarder l’homme révéler les formes cachées dans la pierre.
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22.10.2007
la tête à toto
Des totos, à mon âge !
Des gratouillis désagréables et envahissants, l’entourage qui jette un coup d’œil ennuyé à mon cuir chevelu et qui me prend pour une mytho de la gratouille, un médecin qui regarde vaguement et me prescrit à la vite une lotion anti psoriasis. Le soir, sur mon cahier de brouillon, une petite bête qui tombe sur mes exo de maths.
Je cours vers mon mari et je lui somme d’examiner ma tête, toutes affaires cessantes.
Eh, bien il y a des « petites croûtes »qui marchent selon ses propres termes.
Le peigne fait tomber des tas de petits insectes dans le lavabo.
Je suis écoeurée, nous aspergeons de lotion nos crânes et aujourd’hui la machine à laver fait bouillir les draps, les écharpes, taies d’oreiller.
Ça gratte nettement moins, les lentes mortes se décrochent. Beurk, beurk, beurk…
15:50 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
20.10.2007
un an déja...

Un an aujourd’hui que j’ai commencé à venir ici raconter mes petites histoires. Je ne sais pas si je vais continuer encore longtemps, je suis très prise par la formation mais je me suis attachée à ces pages virtuelles, à ces rencontres, avec vous. bises à tous. Lili
16:15 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
04.10.2007
c'est la vie, lili
Le sang n’est pas venu ce mois ci.
Est-ce que c’est ça ?
Je me dis qu’il est encore trop tôt dans ma vie pour cette absence. Je n’ai pas l’impression d’avoir l’âge requis. Et en même temps je me sens prête, prête à découvrir cette nouvelle phase de ma vie de femme, sans trop de craintes.
Ou alors je me raconte des bobards, ce ne serait pas la première fois !
Je n’en parle à personne, pas même à mon compagnon. C’est un temps à moi, un temps de repli, pas un repli de souffrance, non, juste un temps pour faire le point, là, aujourd’hui. Quels sont mes projets, quelles sont mes attentes, quelles sont mes envies, mes priorités ? Est-ce que c’est une vraie révolution ou une fausse alerte ?
Je pense beaucoup à ce sang, qu’il soit présent ou absent, j’y pense. Ce fantastique pouvoir de vie qu’il renferme, ce sang sacré qui transforme, qui transmute. Il fait des petites filles, des jeunes filles puis des femmes, il transmute deux cellules en embryon puis en enfant, il transmute les femmes en mères.
J’ai longtemps eu très peur de cet instant où il s’arrêterait, je l’envisageais comme un clap de fin. Plus jeune, je croyais - je craignais- qu’à l’arrêt de cette magie féminine, la vie des femmes s’achevait, j’entendais alentour les litanies des bouffées de chaleur et des vagins desséchés et recroquevillés, la peau flétrie et, au-delà, la vraie peur qui se cachait derrière, très loin, enfouie dans le non-dit, c’était la fin de la sexualité. Comme si ma vie allait basculer, s’arrêter, là, au bord de mes ovaires.
Le potentiel de grossesse s’arrête, et alors ? Je ne désire plus d’autres enfants, les miens me comblent, je ne projette pas non plus la grand-mère, cela ne m’intéresse pas, du moins pas encore. Je crois qu’il me reste encore du pain sur la planche pour finir d’élever ces deux-là.
Aujourd’hui, alors que peut être l’échéance est à la porte de ma vie, j’envisage les choses un peu plus sereinement, mes muqueuses ont l’air de bien se porter, mes envies sont très présentes, il n’y aura plus cette semaine d’arrêt forcé dans ma libido. La piscine aussi souvent que je le veux. Plus de temps à moi avec les enfants qui s’autonomisent et s’éloignent de plus en plus. Peut-être est-ce le temps d’une plus grande légèreté, d’un retour à soi, de fabriquer un autre rêve pour continuer d’avancer dans la vie.
21:55 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
02.10.2007
en formation
J’ai commencé ma formation le quatorze septembre dans un cadre idyllique, une ancienne ferme en pierre avec des plafonds voûtés, perdue au milieu des garrigues et des oliviers.
Le rythme est soutenu, il faut dérouiller les neurones et la mémoire, participer à la vie du groupe. Je me régale à refaire des maths et de la chimie, à comprendre enfin des choses restées floues dans l’enfance. Les stages à démarcher en entreprises sont ardus à trouver.
L’ambiance est agréable, le groupe est harmonieux, les fous rires sont au rendez vous pendant les pauses et les repas pris dehors au soleil. L’entraide s’installe doucement.
Il y a là des personnes de tous horizons, déscolarisés depuis la troisième pour la plupart. La crainte de l’échec, la peur des matières réputées « difficiles » sont présentes et l’on aperçoit dans les adultes présents les enfants angoissés et dévalorisés par l’école. Chacun est riche de son parcours de vie et nous apprenons à nous découvrir.
19:20 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
21.09.2007
les vestiges du jour...
Je suis allée faire une journée de test professionnel dans une clinique qui soigne des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. J’arrive le matin à 7H30, je suis accueillie par une aide –soignante qui doit m’évaluer. Je ne connais rien à ce métier, je ne connais de cette maladie que ce que j’en ai lu sur Internet. Elle me confie une tenue blanche et bleue, pantalon plus tunique. L’odeur d’urine est prégnante. Je la suis, nous servons les petits déjeuners. Je me retrouve à donner la becquée de bouillie à une très vieille dame qui mange dans son lit. Elle me regarde de ses yeux très clairs, me sourit. Je lui donne cuillère après cuillère, elle boit son jus d’orange. Je lève une dame mince dans un pyjama fermé dans le dos, elle a tendance à retirer ses couches, je lui donne un croissant émietté dans du café au lait, elle ne sait plus se servir de ses mains. Après les déjeuners ce sont les toilettes, c’est jour de douche. J’accompagne l’aide soignante qui est d’une douceur incroyable avec ses pensionnaires. Elle lève une vieille dame, toute rabougrie et néanmoins très mignonne avec ses cheveux blancs mousseux. Elle l’emmène à la salle de bain qui se compose d’un lavabo, d’un WC, d’une barre pour se tenir. Le sol est garni d’une bouche d’évacuation et la douche se donne à même le sol. Je regarde cette vieille dame toute nue et toute fripée. Elle se laisse laver gentiment, elle tend les bras pour qu’on l’habille, elle sort se promener avec son mouchoir. L’aide soignante me présente les patients par leur nom, elle connaît leurs anciens métiers, leurs familles. Je ressens en moi une tendresse face à ses incapacités, un respect pour les vestiges de l'être qu’ils ont été, qu’ils sont toujours même s’ils l’ont oublié.
A suivre…
19:10 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
17.09.2007
artisan
J’aurai aimé être artisan d’art. J’en ai caressé l’idée jadis. Je crois que je n’ai pas la fibre de l’ambition sociale. Je voulais avant tout réussir une famille, un couple. Il y a des métiers qui m'ont fait envie. Lors de mon bilan de compétences, c’est l’art appliqué qui est ressorti en tête, avec une mention spéciale pour la musique. Je n’ai pas trouvé de débouchés dans ces milieux, je n’ai pas de regrets à avoir, j’ai cherché.
J’ai été artisan mère finalement. Parfois, j’ai besoin de me le rappeler. J’ai aujourd’hui un désir d’être à l’extérieur, dans le monde du travail. Mes besoins et les besoins de mes enfants ont évolué. Je me sentirai plus utile à leur devenir en ramenant plus d’argent et donc plus de possibilités pour elles de s’instruire et de parvenir à leurs propres objectifs.
Peut être suis-je taraudée par le syndrome du nid vide, la réalité du reste de ma vie de mère, à distance, d’enfants épanouis. Reste le couple.
Je dirais que j’ai réussi ma famille et mes enfants à environ quatre vingt pour cent ce qui n’est pas mal. Le couple reste un sujet difficile. Alternance de joie et de bruyant bonheur avec des périodes sombres, glauques, désespérées et désespérantes.19:20 Publié dans amour, couple, famille | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
13.09.2007
les mots de maman
Les mots de maman, je ne les comprenais pas forcément quand j’étais petite. Quand il m’arrivait de pleurer, elle m’appelait « Lili la désolée », et ça me faisait plus de peine encore, je voyais un désert, la désolation c’est quand il n’y a plus rien.
Elle se moquait et me disait que j’avais « des peines pas gaies », ça me laissait perplexe, moi, j’entendais des peines pagaies, je comprenais rien à cette histoire de rames.
Quand elle était en colère, elle me caftait à papa en lui disant d’un ton sifflant « TA fille, tu sais ce qu’elle a fait, TA fille ! », d’un coup je n’étais plus l’enfant d’un couple, je n’avais plus rien en commun avec elle. Elle ajoutait « tu n’as vraiment rien de bon dans le ventre ! » ou bien encore « je vais te gifler et ta tête va voler en éclats ».
Cela dit elle me battait peu, quelques « bonnes (!) » fessées, l’impression dans la chair des cinq doigts plus le pouce, ah !ah !ah ! quel humour maternel.
J’avais quand même un peu peur qu’un jour elle le fasse, que ma tête vole vraiment en éclats, j’imaginais le sang, l’os qui éclate, le cerveau qui gicle sur le carrelage rouge de la cuisine. Parce qu’elle était impressionnante, sa voix enflait, c’était une grosse dame, avec des yeux capables de lancer des éclairs, et quand ça dérapait, elle me fichait la trouille.
Et, puis j’étais la désolée avec rien de bon dans le ventre, je ne voulais pas le croire, mais j’avais des doutes, je devais quand même avoir un petit quelque chose de bon dans le ventre, sinon ça serait tout pourri dans mon ventre et je serais peut être déjà morte, ou j’allais mourir, et la maladie que j’avais eu aux intestins, c’était peut être ça. Les enfants qui n’ont rien de bon dans le ventre tombent malades et embêtent les mamans qui travaillent. J’avais eu 41° de fièvre, je tremblais de froid et je me tordais de douleur. Je délirais, je voyais le lit qui changeait de forme et la pièce qui bougeait. Maman essayait de me réchauffer en passant sur ma couverture son fer à repasser. Le docteur était venu, avait parlé d’appendicite, finalement on a fait affaire avec un virus dans les intestins. Je ne pouvais pas manger, je souffrais beaucoup, ça a duré longtemps, et ensuite, j’ai été mise à la diète. Je recommençais à avoir faim, je voyais ma sœur, mon frère boire du coca et manger le merveilleux pâté de lapin que fabriquait maman. Dans la journée que je passais entièrement seule, je découpais de fines tranches de pâté que je savourais et j’avais percé une fente dans la capsule serrée à bloc de la bouteille de soda. J’organisais ma résistance. Pour me faire rire ma sœur qui était au collège, me jouait Phèdre qu’elle étudiait en cours. J’avais de terribles crampes au ventre d’avoir ri, mais c’était bon.
18:30 Publié dans ma mère, souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
11.09.2007
vocation!!
Ce matin je me suis rendue à la plateforme des vocations de l’ANPE. Non, ils ne recrutent pas de couventines, ils font passer des tests d’aptitude pour recruter des personnes non diplômées ou sans expériences professionnelles dans le secteur d’activité ciblé. Ce matin, c’était journée téléconseil. La professionnelle du recrutement nous accueille fraîchement. Il est 8H30, nous sommes sept et elle en attend 18. Nous patientons un quart d’heure pour laisser arriver les retardataires, personne n’arrivant, elle commence son speach. Des personnes viennent frapper à la porte, elles attendaient dans le couloir depuis 8H30. Elle les assoit d’entrée par un discours sur la ponctualité, l’autonomie, l’autogestion.
Elle embraye sur les annonces et les spécificités du métier. Sur un tableau blanc, elle liste les points positifs et négatifs que nous énumérons. Elle demande alors aux personnes qui ne sont pas du tout intéressées par l’emploi proposé de sortir sans pénalités vis-à-vis de leur situation de demandeurs d’emploi.
Vient alors le test final. Elle écrit au tableau blanc de préparer en cinq minutes un argumentaire pour nous présenter et évaluer nos capacités à l’oral. Elle précise que nous devons évoquer notre formation initiale, deux expériences de travail et nos motivations pour cet emploi. Nous sommes inégaux face à l’exercice. Certains ont du mal à imaginer comment faire. Le tour de table commence. Des femmes, des hommes de tous âges, évoquent leurs parcours, leurs emplois, leurs motivations, qui est en premier lieu d’avoir un travail et un salaire. Certains sont hors sujet. Elle cherche en un minimum de temps à évaluer les capacités de chacun à s’exprimer clairement, à être concis et synthétique. Je passe la dernière, j’ai réussi à trouver deux exemples d’emploi dans la relation à l’autre, à mettre en avant les compétences qui pourront être exploitées dans cet emploi, j’utilise du vocabulaire commercial, c’est facile pour moi, j’ai pris son plan et je l’ai rempli avec ce qu’elle voulait entendre, j’ai besoin de gagner de l’argent. Ceci dit, je n’ai pas le goût pour ce travail, l’idée d’être dans le bruit, assise 7 heures par jour à rabacher dans un téléphone me panique.
L’entretien individuel suit, elle me demande de commenter « ma performance », je réponds que j’ai respecté les consignes et le cadre et que je peux sans doute améliorer le discours. Elle est très enthousiaste, très bonne syntaxe, très bonne élocution, exposé synthétique. Elle écrit à côté de mon nom un grand oui entouré d’un cercle rouge.
En sortant de cette matinée, je me sens menteuse. J’ai enjolivé et orienté mon expérience professionnelle, j’ai fait preuve d’un enthousiasme que je suis loin de ressentir, je me suis vendue du mieux possible.
J’ouvre mon portable et un message m’apprend que je suis retenue pour une formation diplômante de neuf mois dans le secteur de l’aide à la personne. J’aime mieux ça, à salaire égal, je préfère travailler en équipe dans l’humain plutôt que dans le commercial. Reste que nos finances ne vont pas s’améliorer de sitôt.
17:00 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
09.09.2007
ballade en novembre
Nous sommes en octobre, il pleut, le vent soulève les feuilles tombées sur le sol. Je sors de l’hôpital, je suis allée te voir. Tu souffres d’une hépatite virale, tu me l’as transmise mais je suis moins atteinte que toi, je vais mieux, mes yeux ne sont plus jaunes et je suis moins fatiguée.
Ton foie est resté gros, tu es hospitalisé depuis un mois, ils craignent un cancer que tu ne développes heureusement pas. Tu m’as demandé de venir, tu m’annonces que tu souffres aussi d’une maladie vénérienne qui aggrave considérablement ton hépatite, je dois effectuer des contrôles. Tu m’assènes que tu as eu des tas de relations à l’extérieur. Je tombe des nues, c’est le début de notre histoire, cela fait mal, très mal. Tu insistes, tu décris, tu énumères, il y a sur ton visage, une expression méchante, comme si tu jubilais de me voir me décomposer peu à peu. Tu es sur ton lit, tu avales des friandises, tu parles, tu provoques.
Je me sens me liquéfier peu à peu, je ne comprends pas, je ne sais pas quoi dire, j’ai mal, j’ai peur d’être malade, j’ai dix-neuf ans, tu es mon premier amour, ma première expérience sexuelle, je suis une oie blanche mazoutée.
Je ressors de l’hôpital, mes épaules sont lourdes, je n’arrive pas à relever la tête. Je dois traverser toute la ville et changer de bus. Le soir tombe, quelques gouttes de pluie tombent sur la vitre du bus. « Ballade en novembre » la chanson d’Anne Vanderlove tourne en boucle dans ma tête, j’aime sa voix, ses textes. Les paroles de cette chanson semblent parler de moi. Des larmes coulent malgré moi sur mes joues, je garde la tête posée sur la vitre, je ne veux pas que l’on voie mes yeux. « Et si j’ai de l’eau dans les yeux, c’est qu’il me pleut sur le visage…. ».
Octobre 1979
21:30 Publié dans amour, couple, souvenir | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
06.09.2007
matière
Le bricomarché du village a fermé définitivement ses portes début août. Les derniers jours le stock s’est soldé à moins soixante dix pour cent. Le requin qui sommeille en moi est allé renifler les rayons vides. J’y ai trouvé au rayon art déco des tubes de gouache surfine dont ma fille a besoin, je lui ai pris un assortiment de couleurs sans me ruiner ce qui flatte en moi la ménagère de moins de cinquante ans. En rentrant le week-end je montre à ma fille les peintures. Elle apprécie la qualité, les couleurs, elle ouvre un tube, le hume et étale sur sa main un peu de peinture comme on le ferait pour un rouge à lèvres ou une ombre à paupières, le geste sensuel me touche, il est comme son travail, attaché au corps et à ses fonctions.
19:40 Publié dans bonheur, mes filles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
05.09.2007
la sciure
Au village où nous passions nos vacances, le cousin de ma mère possédait une petite scierie. Il y travaillait certains week-end et pendant ses vacances. Elle se trouvait au bout du chemin de terre qui longeait son jardin et qui menait plus loin à la rivière, au bief, et à la voie de chemin de fer. C’était une cabane longue en bois noirci par le temps et les intempéries. Quand nous arrivions en vacances, papa allait à la scierie et faisait dans le montant de bois une encoche avec son couteau. Il y avait toute une série d’encoches qui remontaient bien avant ma naissance. J’aimais traîner là-bas, j’étais alors une toute petite fille et les machines et les hommes me paraissaient géants. Il y avait les billes de bois à débiter, le bruit strident de la scie, la poussière qui volait. Les hommes étaient bienveillants envers moi, ils me disaient de faire attention, parfois de partir, mais j’adorais rester dans leurs jambes, je regardais les muscles des bras de mon père et de son cousin, c’étaient des hommes plutôt petits, trapus, très forts. J’aimais regarder la déformation que subissait le tatouage de Paul sur son bras pendant l’effort, une ancre de marine qu’il avait ramené de la guerre au Tonkin. Parfois, des énormes bras se saisissaient de moi et me lançaient en l’air dans le bleu du ciel, je criais de bonheur. Les odeurs fortes des hommes au travail, des machines, se mêlaient à celle plus subtile de la sciure de bois fraîchement coupé. J’enfonçais mes petites mains dans la fraîcheur de la sciure et je jouais là, avec les autres enfants du village pendant des heures.
20:05 Publié dans bonheur, famille, souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
04.09.2007
rentrée des classes
C’est la rentrée au lycée de ma fille aujourd’hui. La Seconde, nouvelles méthodes, nouveau lieu, le bus à prendre, elle ne semble pas plus impressionnée que ça, tant mieux. Elle se lève vers dix heures, déjeune tranquillement, va se doucher, s’habille, jean, tunique sans manches chocolat. Elle brosse sa longue masse de cheveux châtains. Elle souligne d’un trait de crayon ses yeux noirs. Elle enfile ses bagues en ambre, deux bracelets, met ses lunettes en me disant qu’il serait temps d’envisager des lentilles. Elle descend avec son sac, sa trousse, enfile ses baskets neuves qui font trop neuves à son goût et se déclare prête.
Toujours à l’écoute je lui propose de lui marcher sur les pieds et de renverser de la terre dessus pour saper cet aspect trop neuf des chaussures, elle décline l’invitation, je ne comprends pas pourquoi !
Je la dépose avec sa copine sur le parking du lycée, je la regarde se fondre dans la masse de tous ces ados protéiformes avec une grande tendresse.
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03.09.2007
aux commissions
Quand j’étais enfant, on n’allait pas faire les courses, on allait « aux commissions » avec un cabas ou un panier à l’épicerie du coin. On conservait les bouteilles vides de vin en verre ou les rares bouteilles de limonade ou de soda. C’était du « verygood » soda orange ou citron. On rapportait à la boutique les verres vides et l’on décomptait la consigne du prix de la bouteille neuve. A l’automne avec l’ouverture de la chasse l’épicier accrochait à son volet une biche la tête en bas, son nez fin dégoûtant de sang caillé, des faisans habillés de leurs belles plumes ternies, des lièvres. Je détestais cela.
Maman m’envoyait au coin de la rue pour acheter des pâtes, une bouteille de vinaigre de vin, des allumettes, parfois une tranche de jambon ou des légumes quand le jardin donnait moins. J’aimais ce bric à brac, cette accumulation de choses dans ce tout petit espace, l’odeur de la boutique. Les rayonnages débordaient, la petite vitrine réfrigérée abritait les yaourts convoités. Je me souviens des « daninos » qui étaient sensés se transformer en glace dans le bac à glaçons. C’était décevant, pas du tout comme le montrait la télévision, mais c’était exotique quand même.
Maman préparait des entremets « francorusse » et de la glace à la pistache « ancel » en mélangeant à l’aide du batteur électrique la poudre à la crème fraiche. Ca sentait bon, elle versait dans un bac métallique la préparation et la faisait prendre au freezer pendant des heures. Il y avait quelques paillettes, la glace nous gelait les dents et c’était délicieux en même temps.
19:20 Publié dans souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
02.09.2007
en famille...
Ma sœur est venue passer quelques jours à la maison avec son mari. C’était très sympa, chaleureux, heureux. Il n’était vraiment pas évident qu’ils viennent. Ils habitent loin. Son mari a d’énormes difficultés à marcher et à garder l’équilibre. Il souffre d’une maladie dite orpheline qui n’a aucun traitement. Je le trouve très serein dans cette épreuve, courageux, avec un gros moral. Je me dis que j’ai de la chance de tenir sur mes deux pieds. Nous sommes allés à la plage, nous avons trinqué au champagne, au rosé bien frais, nous avons flâné dans le village, nous avons lézardé à la terrasse ombragée et brumisée du café du midi. Nous avons découpé de fines rondelles de saucisson, vidé des melons, coupé des tomates, grillé du saumon au barbecue, raconté des bêtises, des souvenirs d’enfance, nous avons ri. Les filles étaient heureuses de voir leur tante préférée. Avec sa vaste générosité sans limites, elle a fabriqué des bracelets avec ma plus jeune fille, lui a offert ses vêtements d’équitation, a donné quelques billets à la plus grande qui passe son été chez monoprix, à la caisse pour gagner de l’argent pour sa deuxième année aux Beaux-Arts. Elle est partie en « oubliant » son parfum qui est celui que ma fille préfère. Elle a laissé sur le miroir de la salle de bain, avec mon rouge à lèvres, une tête de bonhomme souriant que je n’ai pas le cœur d’effacer.
13:25 Publié dans bonheur, famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
01.09.2007
le fond de l'air est frais....
Appelons ça passage à vide. Les recherches pour un boulot qui envahissent tout l’espace. Les heures sur internet à zapper les annonces, les offres de formation, à écrire et réécrire sans fin des lettres de motivation adaptées pile poil aux compétences requises. Je n’ai plus le temps, ni le courage d’écrire sur le blog, ni d’aller vous lire régulièrement, cela dit je pense à vous.
Sur un plan plus personnel, j’ai pris ce mois ci ( 17 août) un an de plus, un qui fait mal.
Ma vie est chaotique et incertaine, mais n’est-ce pas le cas de toutes les vies ?
J’ai reçu ce matin un mail de l’un d’entre vous qui m’a rendu le sourire, cela m’a fait chaud et j’aime avoir chaud ! Bien, je remonte mes bretelles et me voici…
11:35 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
04.08.2007
un vendredi soir
Mon frère et sa femme sont venus dîner, c’est normal, nous sommes vendredi soir. Nous passons à table, le repas est souvent plaisant et agréable, maman cuisine bien. Après le repas, maman installe sur la table le tapis pour jouer aux cartes. Papa sort le jeu de tarot, un carnet et un stylo pour noter les points. Ils s’installent tous autour de la table, je m’éclipse dans la cuisine, je vais faire la vaisselle et nettoyer la cuisine, c’est ma parade pour ne pas jouer. Jouer aux cartes avec mon père est pour moi un calvaire. Je suis dégoûtée des cartes à vie. A chaque mauvais atout sorti, les critiques et les engueulades tombent, je ne veux plus jamais jouer au tarot. Je ferme la porte de la cuisine, je lave, je rince, j’essuie, je range, je nettoie l’évier, la gazinière, les plans de travail. Je leur apporte des verres d’eau, les cerises à l’eau de vie. Je suis tranquille pour un moment. Ils sont un peu bruyants. J’allume la télévision, pile à l’heure pour « Apostrophes », l’émission littéraire animée par Bernard Pivot. Je regarde tous les vendredis soirs. J’aime les débats, Pivot a un enthousiasme communicatif, je note les titres, les noms, je vais à la bibliothèque municipale, je dévore les livres, j’en lis entre quatre et six par semaine, en plus des livres à lire pour le lycée.
Je regarde ensuite le ciné-club, j’aime découvrir les différents cycles, westerns, films noirs, nouvelle vague, nouveau réalisme italien, cinéma indien Satyajit Ray, cinéma russe, suédois,Ingmar Bergman… Ce soir justement il y a « Cris et chuchotements ». Les joueurs de cartes s’énervent, élèvent la voix, ils me demandent de baisser le son alors que c’est déjà très bas, bien sur que le film est sous-titré, ce n’est pas une raison pour ne pas écouter les acteurs. Je trouve le film bouleversant, ils peuvent me dire qu’ils ne comprennent pas comment on peut regarder des films aussi braillards et pleurnicheurs (!), je tiens bon, je baisse encore le son, je me rapproche de l’écran. Je me sens enfin nourrie lorsque je découvre et j’engrange de la culture, je suis curieuse et avide de cette ouverture sur le monde, sur la vie.
Le film se termine alors que l’interminable partie se poursuit. Je vais dans ma chambre, je pense au film que je viens de voir, j’écris un peu dans mon cahier avant d’éteindre la lumière.
1976
14:30 Publié dans ma mère, mon père, souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
28.07.2007
olé!!
Maman saute, elle esquive bien, je trouve. Papa et maman bâtissent leur maison dans le jardin autour de la première pièce qui existait déjà. Ils en rêvent depuis toujours, ils ont lutté des années pour obtenir le permis de construire et l’ont enfin eu. Depuis, tout le temps libéré se passe au jardin. Les matériaux de construction sont stockés dans un coin. Papa et maman gâchent le béton à la pelle dans des gamelles de fer. Maman charrie le sable dans la brouette, papa porte sur son épaule les sacs de ciment de cinquante kilos. J’aimerai bien aider mais je suis trop petite, j’ai onze ans. Je me rends compte aujourd’hui combien c’était dur. Papa avait soixante ans et maman quarante huit. Ils ont pratiquement tout fait seuls. Mon frère les aidait le week-end, c’est lui qui a fait l’électricité, la plomberie, le carrelage.
Aujourd’hui papa pose le plancher de la future salle de séjour. Je les regarde de loin en lisant mon livre. Ils sont fatigués, il fait chaud, ils passent leur mois de vacances à bâtir. Il ne faut pas perdre de temps. Papa s’énerve, pour un outil pas passé assez vite, pour trop de fatigue et de chaleur, pour un défaut dans le bois. Il explose. Les outils se mettent à voler de toutes parts, papa les jette derrière lui, maman saute et esquive, le marteau la frôle, elle se penche, se met de côté, un vrai torero.
Maman s’énerve rarement, elle attend que ça passe.
Parfois, après ces colères explosives, papa reste à bouder pendant plusieurs jours. Il ne se met pas à table avec maman et moi. Il nous observe de loin avec un air de reproche. C’est lourd pour l’enfant que je suis. Je déteste les grandes vacances. La maison en devenir prend tellement de place qu’il n’y a plus d’espace ni de moyens pour rien d’autre. Je traîne à la bibliothèque et m’engloutis dans les livres jusqu’à disparaître. Les copains sont en vacances ou en colo. De toute façon je n’ai pas beaucoup de copains, je suis plutôt solitaire, ce n’est pas un choix, c’est comme ça.
Ce que j’aime c’est dormir dans ce vieux lit d’appoint qui grince dans la chambre pas finie, avec l’absence de plafond et de vitres. J’aime ce côté robinson crusoé, je rêve que je suis coupée du reste du monde, je m’endors en regardant les étoiles. Puis le matin je déjeune rapidement sur la table installée sous le pommier, je saute dans mon short, je prends mon livre et je rejoins mon cerisier.
14:15 Publié dans ma mère, mon père, souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
25.07.2007
book addict
Mon mari aime acheter des livres. Il en achète peu, nos finances sont réduites. Il regarde les émissions littéraires, il recherche sur Internet, les auteurs, les titres, les interviews, les biographies. Il achète des poches, des brochés, il aime particulièrement les auteurs américains, Carver, Harrisson, Banks, Bukoxwski…
Les livres qu’il aime le plus, il ne les revend pas après lecture, il les recouvre, les range sur son étagère et les parcourt régulièrement.
Il a cherché partout les nouvelles de T. Williams, introuvable, ma sœur l’a déniché pour lui chez un bouquiniste, il est en attente de sa couverture plastique.
Il recherche les nouvelles d’Hemingway, ce sera son prochain achat. Il aime J.P. Dubois, il attend le prochain recueil d’Olivier Adam.
Il flâne des heures de librairie en librairie, boit un café. Il aime l’objet livre. Quand il en ramène un nouveau à la maison, invariablement, il ouvre le livre, passe son doigt sur le pli de la couverture et écrit sur la page de garde son prénom et la date.
A la bibliothèque du village, les bibliothécaires l’appellent par son prénom, discutent littérature avec lui, il leur fait acheter des livres, des écrivains pas forcément connus, participe au comité de lecture.
Il aime chercher pour moi des auteurs, il me ramène des polars, des nouvelles, des romans noirs, j’aime qu’il cherche pour moi. Il note dans son carnet des auteurs susceptibles de m’intéresser, il aime relever le défi de trouver l’auteur introuvable.
07:45 Publié dans amour, au jour le jour, couple | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
22.07.2007
samedi matin en terrasse
Samedi matin, pas très en forme, je me suis dirigée vers ce havre qu’est le café du midi sur la place de la mairie. Les fauteuils colorés sont confortables, le vélum qui protège du soleil comporte un brumisateur qui aide à supporter la chaleur qui se fait de plomb, ici ces derniers jours. Les lunettes de soleil sur le nez, j’attends que le garçon passe prendre la commande, de loin, il me lance : « un café allongé, un verre d’eau ? » j’acquiesce, c’est bon quelquefois les habitudes. J’écoute les conversations autour de moi, une famille qui parle de la maison de vacances et de son devenir à la mort des parents. Des amoureux trempent leurs croissants dans le crème du matin, les yeux encore brillants de la nuit. Un cortège se forme devant l’église, un corbillard s’arrête, les croque-morts amènent le corps dans l’église. Les personnes vêtues de sombre suivent dans l’allée. Une maman d’élève s’installe à une table à côté, nous nous sourions, le café arrive, je lève le nez de mon carnet, je profite du moment, j’ai du temps, je suis seule pour la journée, ma fille fait du cheval, mon mari travaille. Le cortège de l’enterrement repart alors que des voitures décorées de tulle et de fleurs arrivent pour se garer près de la mairie, alternance de tristesse et de joie. Je repars, sans hâte, je remonte la ruelle qui monte vers la boucherie. Je m’arrête, j’achète des merguez et du poulet, c’est une boucherie où l’on appelle le boucher par son prénom, on attend son tour pendant des lustres, la viande est de qualité, c’est un homme de l’art, qui fabrique ses produits, pâtés et jambon, il connaît tous ses clients, discute avec chacun, le service est long mais l’attente est conviviale, je repasse chez le primeur et je m’offre trois abricots et trois prunes. La vie s’est radoucie ma matinée avec moi-même m’a remise en forme.
18:55 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
21.07.2007
arroseur arrosé!
Oups ! Alexandra a raison, j’ai oublié de taguer à mon tour, qui s’y colle ? il y en a 7 qui vont devoir se creuser les méninges avant de renvoyer l’ascenseur à 7 autres qui devront…etc, etc...Je décide de taguer : Elisabeth, Zoreilles, Alexandra (il y a un blog quelque part?), Lisette, Marc, Claudine, Allumette, Gwen.
Amusez vous bien, les copains!13:30 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
17.07.2007
soleil
Nous sortons de quelques jours de vacances. J’ai l’impression de les avoir vécues pleinement. Nous sommes allés à l’incinération du père de l’amie de notre fille. C’était bouleversant. Les morts que nous confrontons nous ramènent à nos douleurs, à nos peines et à nos doutes.
Nous sommes tous frères, sœurs, parents, enfants de quelqu’un.
Nous avons vécus pendant cette semaine beaucoup d’émotions différentes, le soleil du sud nous poussait au farniente, notre fille adolescente vivait sa vie entre ses copines, l’équitation, les sorties soldes.
Nous avons bénéficié de longues plages de temps pour nous deux. Nous avons savouré des siestes, des câlins, des promenades, des discussions. Le temps n’a pas passé avec cette vitesse que l’on regrette. Il s’est égrené, dans la douceur, l’amour, la conscience de vivre quelque chose d’unique, d’exigeant.
22:00 Publié dans amour, au jour le jour, bonheur, couple | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
taguée
J’ai été taggée par yoyostéréo, si j’ai bien compris, je dois révéler mes secrets les plus enfouis ou inavouables c’est à voir. Ils sont finalement bien indiscrets ces blogueurs!
1- A douze ans j’étais amoureuse de Steeve Mc Queen et de Bruce Lee, j’avais leurs affiches de films au dessus de mon lit. (j’ai pleuré quand ils sont morts)
2- J’étais la prof de français de yoyostéréo
3- j’aime passionnément le réglisse
4- je fais un 100 D de bonnet de soutien gorge !! eh ! oui ! j’ai mis du temps mais maintenant j’assume
5- j’ai bu un café avec Bénédicte Desforges, qui a écrit « flic », au salon du livre de Montpellier
6- j’ai ressenti un violent trouble au cinéma lorsque j’ai vu Claudia Cardinale au lit avec Henry Fonda dans « il était une fois dans l’ouest ». j’étais entrée avec ma famille alors que le film était interdit et que je n’avais pas l’âge requis.
7- Je connais pratiquement par cœur le répertoire de Georges Brassens
8- J’ai lu au moins quinze fois « le seigneur des anneaux »
9- Je suis mariée avec un blogueur
10- Le 2 est une blague !!!
21:25 Publié dans au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
06.07.2007
vendedi noir
Ma fille vient de m’apprendre la mort du père de sa meilleure amie. Il s’est suicidé aujourd’hui, il a laissé une lettre, il a pris sa voiture, il est parti. La grande sœur de son amie est venue la chercher au beau milieu de la fête d’anniversaire d’une de leurs copines de classe.
Quelle énorme douleur, quel fardeau n’a t-il pu déposer ? Quel énorme fardeau, quelle douleur s’est déposée sur les épaules de sa femme et de ses filles.
Quinze ans à peine et ce poids à traîner, chagrin, colère, culpabilité, l’ère des si j’avais fait…, si je n’avais pas fait ou dit…., les comment n’ai-je pu rien voir vont s’enchaîner.
Il y a chez moi énormément de compassion et de projection aussi j’ai vécu ce deuil à seize ans, mon père/frère est mort brutalement, je sais, je n’ai pas à imaginer.
Je repense aussi aux suicides non aboutis de mon compagnon, à la mort de papa il y aura deux ans dans deux jours. Mais pire que tout revient à ma conscience l’envie de mourir qui me vrillait les tripes il y a si peu de temps encore.
L’amour que l’on a pour nos proches, nos enfants, n’est parfois pas une barrière suffisante pour endiguer le mal de vivre, la mort parait même dans ces cas là une manière de soulager aussi l’entourage.
C’est cruel, dur et violent, c’est souvent faux, mais il faut faire taire la douleur.
J’espère qu’il a trouvé la paix de l’âme.
Je ne sais pas comment, ni si, nous arriverons à soutenir cette petite fille dans son chagrin, nous essaierons malgré tout.
Là, tout de suite j’attends l’heure de sortie de travail de l’homme que j’aime, j’ai besoin qu’il me prenne dans ses bras, nous avons l’immense privilège d’être conscients de nous aimer vivants.
19:50 Publié dans au jour le jour, mes filles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
05.07.2007
nous allons bien!
Nous allons bien. Notre fille aînée entre en deuxième année aux Beaux-Arts de Nîmes, elle a enfin aménagé avec sa colocataire dans un adorable appartement en cœur de ville à cinq minutes à pied de son école, elle est amoureuse, elle vit intensément sa vie de jeune femme. Notre plus jeune fille a eu aujourd’hui ses résultats du brevet des collèges, elle est admise avec mention, que du bon !
Avec mon compagnon nous cheminons sur un chemin où nous sommes unis, amoureux comme des collégiens et c’est plus qu’agréable. Les conditions de notre vie matérielle ne se sont améliorées en rien mais notre vie s’est adoucie malgré tout, notre vision des choses s’est améliorée, notre moral est bon, un sentiment de bonheur est entré dans nos vies…Nous allons bien!
19:00 Publié dans amour, au jour le jour, bonheur, couple, mes filles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
26.06.2007
madeleine à l'huile...
J’aime le massage et je fais moi-même mes mélanges d’huiles essentielles dans une base d’huile de sésame biologique. C’est passionnant, pour moi, de voir les réactions face aux arômes dégagés par les huiles. Hier, j’ai laissé mon compagnon choisir l’huile qu’il utiliserait pour moi. Après avoir senti plusieurs flacons, son choix s’est immédiatement porté sur l’huile au lavandin, qu’il n’avait jamais appréciée précédemment. Le lavandin est un déstressant et j’en éprouvais le besoin à ce moment précis. Je suis toujours émerveillée par le savoir et l’intuition juste du corps quand on accepte de ressentir sans réfléchir.
Hier, lors d’une longue et agréable après midi de repos, mon compagnon me massait le corps à l’huile. Lentement je sentais mes muscles se décrisper et s’allonger sous ses doigts. Quand il s’est aventuré autour de mon cou, j’ai subitement senti ma respiration se suspendre, une énorme boule se former et je me suis rappelé que mon père jouait parfois à m’étrangler, pour de rire, comme dans un film que nous avions vu il y a longtemps, je détestais cela. Je ne croyais pas qu’il allait vraiment le faire, mais j’étais angoissée et il n’arrêtait le jeu que lorsqu’il le décidait, il ne semblait pas entendre les « arrête, papa, c’est pas drôle, arrête s’il te plaît».
Je me suis souvenue aussi qu’il jouait parfois à faire semblant de m’enfoncer dans le ventre l’énorme couteau qui servait à découper le jambon. Son bras reculait en prenant de l’élan et l’énorme couteau s’approchait rapidement de mon ventre avant de s’arrêter quelques centimètres avant la peau. Ca l’amusait beaucoup. Je ressens encore, à l’écrire, l’énorme contraction de retrait de mon ventre vers l’intérieur, la crispation de mon corps et l’arrêt de ma respiration. C’est peut-être une des raisons qui fait que je n’arrive pas à perdre ce trop de graisse localisé là.
Mon père a eu une enfance douloureuse et difficile. Je pense qu’il rejouait inconsciemment des scènes traumatisantes qu’il avait vêcues. Je le crois d’autant plus facilement que cela m’est arrivé une fois, face à ma fille, en épluchant tout banalement une échalote pour la salade. Mon bras s’est reculé et j’ai refait le geste de papa, ma fille a reculé, j’étais atterrée, je n’avais pas agi consciemment, c’était comme si mon corps avait buggé, comme si le souvenir contenu en lui avait, de lui même, jailli hors de moi. J’étais aussi surprise qu’elle, j’étais déstabilisée, j’avais fait ce geste inexcusable que j’avais si souvent subi. Face à l’incompréhension de mon enfant, j’ai raconté, papa, le couteau, elle a compris. J’éprouvais une telle tristesse d’avoir commis le geste.
Papa avait une collection impressionnante d’armes blanches, des crans d’arrêt avec des lames longues et effilées qui jaillissaient de leurs manches sans bruit, des coupe-coupe qu’il utilisait pour débroussailler, des opinels, des laguiolles, des scalpels, toutes sortes de lames qu’il aimait garder près de lui et toucher. Je crois maintenant qu’il était pétri de différentes peurs et qu’il les tenait à distance en jouant avec ces lames. Cela n’excuse rien, bien sûr, cela permet seulement peut-être d’éclairer un pan de nuit.
09:35 Publié dans au jour le jour, couple, mon père, souvenir d'enfance | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
22.06.2007
web le chien
C
hez nous, juin est le mois des anniversaires, mes filles les 12 et 14 juin, puis le 22 c’est l’anniversaire de Web le chien. Ma fille lui a offert un os à mâcher en lui chantant joyeux anniversaire. Cela fait 7 ans et demi qu’il partage nos vies et qu’il l’améliore grandement avec sa joie de vivre, son accueil affectueux à nos retours à la maison même 5 fois par jour, sa démarche sautillante et sa langue chaude et sèche.
23:35 Publié dans amour, animaux, bonheur, famille | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
19.06.2007
un dimanche de bonheur
Dimanche nous avons fêté l’anniversaire des filles, notre grande avait invité nos « filles honoraires » et sa colocataire, notre petite avait aussi invité une copine. Je suis allée au marché avec ma fille aînée, nous avons acheté quelques légumes, puis nous avons pris un café sur la place de la mairie qui fait office le dimanche de marché aux fleurs. Notre fille va bien, elle me parle des beaux arts, elle s’y sent bien, elle y a trouvé sa place, entre les élèves des années supérieures et ses professeurs. Elle en appelle certains par leurs prénoms. Elle me parle du garçon dont elle est amoureuse depuis un an, elle me parle de ses projets, du mémoire de fin d’année qu’elle est en train de finir et que je dois corriger. Elle me parle très ouvertement de sa vie, je lui raconte sa petite sœur qui grandit, je lui rapporte ses préoccupations, elle est contente des rapports que nous entretenons. Sa colocataire nous rejoint. Nous l’avons connue en sixième, elle était amie avec ma fille. Elle est devenue une belle jeune femme. Elle évoque ses amours, une rupture avec son premier amoureux parce qu’elle vient de vivre une rencontre coup de foudre évidente. Ses amies arrivent une à une. Mon mari a allumé un feu et fait cuire les grillades, nous nous installons autour de la table, nous mangeons en riant et en discutant les viandes grillées et les salades, les blagues fusent, les confidences aussi, un vrai grand bonheur à être ensemble s’est invité autour de la table, je regarde mon compagnon, nos yeux se caressent, nous nous comprenons sans nous parler, aujourd’hui, c’est une pause ensoleillée au cœur de nos soucis journaliers de travail et d’argent, aujourd’hui nous savourons notre famille à géométrie variable, aujourd’hui nous sentons ensemble, encore une fois, à quel point notre projet de famille semble être une réussite. Une des amies de ma fille invite même sa colocataire à nous rejoindre à Noël prochain, parce que c’était trop bien, noël dernier. Mon mari et moi nous nous sourions, c’est vrai que c’était bien, après tout, plus on est de fous, plus on rit !
12:00 Publié dans amour, bonheur, famille, mes filles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
14.06.2007
mon enfant, mon amour, bonne route....
Aujourd’hui ma fille a vingt ans. Elle s’est engagée dans la voie de l’art, elle poursuit un chemin où je ne l’accompagne plus, je la suis.
Nos enfants, nous les portons, nous les chérissons, parfois mal, nous les précédons, nous les élevons puis vient le jour où leurs plumes ont suffisamment poussé pour qu’ils déploient leurs ailes, nous les regardons s’envoler en de petits cercles concentriques autour du nid, puis le cercle devient ellipse, puis ligne droite vers leur vie d’adulte.
C’est la chanson de Serge Reggiani « Ma fille » qui le dit mieux que moi :
Ma fille, mon enfant
Je vois venir le temps
Où tu vas me quitter
Pour changer de saison
Pour changer de maison
Pour changer d'habitudes
J'y pense chaque soir
En guettant du regard
Ton enfance qui joue
A rompre les amarres
Et me laisse le goût
D'un accord de guitare
Tu as tant voyagé
Et moi de mon côté
J'étais souvent parti
Des Indes à l'Angleterre
On a couru la Terre
Et pas toujours ensemble
Mais à chaque retour
Nos mains se rejoignaient
Sur le dos de velours
D'un chien qui nous aimait
C'était notre façon
D'être bons compagnons
Mon enfant, mon petit
Bonne route... Bonne route
Tu prends le train pour la vie
Et ton cœur va changer de pays
Ma fille, tu as vingt ans
Et j'attends le moment
Du premier rendez-vous
Que tu me donneras
Chez toi ou bien chez moi
Ou sur une terrasse
Où nous évoquerons
Un rire au coin des yeux
Le chat ou le poisson
Qui partageaient nos jeux
Où nous épellerons
Les années de ton nom
A vivre sous mon toit
Il me semble parfois
Que je t'avais perdue
Je vais te retrouver
Je vais me retrouver
Dans chacun de tes gestes
On s'est quittés parents
On se retrouve amis
Ce sera mieux qu'avant
Je n'aurai pas vieilli
Je viendrai simplement
Partager tes vingt ans
Mon enfant, mon petit
Bonne route... Bonne route
Sur le chemin de la vie
Nos deux cœurs vont changer de pays
14:00 Publié dans amour, bonheur, famille, mes filles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
13.06.2007
quinze ans!!!
Hier, notre fille a eu quinze ans. Elle embellit et se féminise. Elle commence à s’interroger sur la sexualité. Nous en parlons librement, j’essaie de répondre à ses questions, j’essaie de lui faire passer des messages clairs et non moralisateurs. Il est indispensable de se protéger et de protéger l’autre, d’une grossesse non désirée, des maladies sexuellement transmissibles et de l’ombre du sida. Il est surtout indispensable de se respecter, je lui explique qu’en matière de sexe, il n’y a pas de tabous à avoir, seulement savoir si cela convient aux deux partenaires dans le respect de soi même et de l’autre, après, tout est affaire de désir et d’harmonie.
Elle a ce côté de la femme qu’elle sera dans quelques courtes années mêlé à ce restant d’enfant et de bébé câlin.Quand elle me demande si la conversation me gêne, je lui explique que nous l’accompagnons depuis sa naissance, de la première tétée au premier pas, du premier mot déchiffré au traitement de texte, nous l’accompagnerons dans la sécurité et l’amour dans ses premiers pas d’adulte, quand elle sera prête.
Nous sommes allés fêter cet heureux jour au « buffallo grill » grâce aux tickets restaurant de l’entreprise de son père. Nous apprécions le côté délicieusement ringard du gâteau offert accompagné de la chanson « bon anniversaire les p’tits indiens ». Notre fille se marre, souffle ses bougies, ouvre un petit paquet. Joyeux anniversaire mon amour !
19:35 Publié dans amour, bonheur, famille, mes filles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Blog, nouvelles et textes brefs, amour, famille, écriture, journal intime
